8.11.11

Interview Sarkozy/Obama : on ne peut plus s’asseoir comme on veut !


La semaine dernière, vendredi 4 novembre, a eu lieu une interview croisée de Nicolas Sarkozy et Barack Obama sur les chaines de la télévision française. Une première ! Le décor était protocolaire : un fond bleu avec le logo du G20 ; les drapeaux européen, américain et français ; deux fauteuils de style Empire parfaitement juxtaposés pour les deux présidents ; et deux animateurs : Laurance Ferrari et David Pujadas.

Bien que ce ne soit un secret pour personne, rappelons que Barack Obama est beaucoup plus grand de taille que Nicolas Sarkozy. Et pourtant, bien qu’un grand debout est aussi grand assis, à l’écran, les deux présidents étaient alignés au cordeau.
La recette est celle-ci :
- le plus petit se tient droit, les fesses calées au fond du fauteuil.
- Le plus grand s’avachi dans son fauteuil, le dos légèrement courbé.

S’il est de coutume, de nos jours, de maitriser l’image et d’imposer des détails superflus au protocole – jusqu’à ne plus pouvoir s’assoir comme on veut ! –, l’exercice infligé à Obama pour être au « niveau » de Sarkozy est pour le moins inhumain. Le président américain, comme le président français, n’a pas bougé son corps, ni changé sa posture durant la totalité de l’interview télévisée. Obama était tassé sur lui même, la jambe droite repliée pour tromper l’écrasement du président américain dans son fauteuil, les coudes inconfortablement posés sur l’avant des accoudoirs. Alors, que Sarkozy avait les mains posées sur ses genoux, les jambes droites et parallèles, dans l’axe du bassin.


Sur les photos ci-dessus, les lignes A et B montrent l’exact alignement des deux têtes. La ligne C montre que le bassin d’Obama est plus rentré dans son siège que celui de Sarkozy. La ligne E montre le décalage entre l’assise d’Obama et l’assise de Sarkosy. Enfin, les lignes F, G et H permettent de constater que les fauteuils étaient parfaitement disposés.

Les deux positions sont restées intactes jusqu’à la fin. A la dernière minute, 20h36, Sarkozy lorgne la main droite de son homologue. Dans un geste irrésistible, il lève sa main gauche pour saisir la main d’Obama alors que ce dernier se dépliait enfin, il redressait la jambe droite pour se mettre debout. Sarkozy tente de lever alors les deux mains jointes en signe de grande gratitude, d’une hypothétique victoire sur l’opinion publique, d’une certaine satisfaction. Obama accomplit le geste forcé et surpris.