Quelle semaine de ouf !!! Les politico-geeks ne savent plus quoi faire de leurs dix doigts. WikiLeaks est chassé de partout, et, pour le suivre, il ne faut pas lâcher twitter des yeux.Wikileaks viré de chez Amazon
Le site Internet qui a entrepris depuis une semaine de révéler des notes confidentielles de la diplomatie américaine a vécu les inconvénients de la traque dont il est l’objet.
Cédant à une pression politique, son hébergeur Amazon, avait choisi de se débarrasser de son client pour une histoire de violations de conditions d'utilisation. En gros, il ne dispose pas des droits de publier les documents confidentiels et mettait en péril la vie d'innocents. En réalité, Amazon vient de l’expulser pour la simple raison que son hébergement n’est plus une affaire si simple.
Il est cependant rare que les hébergeurs décident d'eux-mêmes de ne plus héberger un site. La décision est généralement laissée à la justice, afin de préserver leur neutralité.
Wikileaks annonce sur twitter : «Nos dollars vont désormais être dépensés pour employer des personnes en Europe», avait annoncé l'organisation sur Twitter. C’est chose faite. Le traçage d’adresse IP montrait que WikiLeaks est hébergé en France sur les serveurs de la société OVH, l’un des plus importants hébergeurs en Europe. WikiLeaks est aussi hébergé en Suède, où un mandat d’arrêt international a été lancé contre Julien Assange, soupçonné de viol dans ce pays.
Wikileaks.org, Wikileaks.ch, puis Wikileaks.org
Dans la foulée, EveryDNS, le principal fournisseur gratuit de noms de domaine, a aussi suspendu le nom de domaine wikileaks.org. EveryDNS.net, a indiqué avoir été contraint de prendre cette décision à la suite des attaques massives dont il a fait l'objet. Ces attaques informatiques par déni de service (DDOS) consistent à contrôler des dizaines de milliers d'ordinateurs à distance et les envoyer simultanément sur un site pour chercher à le saturer de connexions et à le rendre inaccessible. Bilan : une coupure de six heures vendredi 3 décembre pour Wikileaks.
Wikileaks annonce sur twitter : «Domaine WikiLeaks.org tué par Américain everyDNS.net après allégations d'attaques massives». EveryDNS est une entreprise américaine.
Depuis, Wikileaks renaît de ces cendres avec une adresse suisse, passant de wikileaks.org à wikileaks.ch. Entre temps, son nom de domaine d'origine a été réactivé, mais rien ne s’affiche actuellement à cette adresse bien qu’elle soit toujours proposée par Google.
La touche Eric Besson
Après le sénateur américain Joe Lieberman qui a salué la décision d'Amazon et qui a exhorté tous les autres groupes à laisser tomber WikiLeaks, c’est notre Eric Besson national qui relaye cette attitude sur le sol français. Le ministre français de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, a demandé par écrit au Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET), de mettre fin à l’hébergement du site en France, accusé de violation du secret diplomatique : « Cette situation n’est pas acceptable. La France ne peut héberger des sites internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique», selon les termes de la lettre adressée par le ministre au vice-président du CGIET. «On ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison d’atteintes qu’ils portent à leurs droits fondamentaux». Il reprend l’argumentation de Joe Lieberman. «Les actions illégales, scandaleuses et imprudentes de WikiLeaks ont compromis notre sécurité nationale et mis des vies en danger à travers le monde», avait dit l'élu américain.
Les multiples centres d’hébergement des données de Wikileaks
D'après ZDNet, qui avait dévoilé l'hébergement par OVH de WikiLeaks, les données du site se partageraient entre la France, la Suède et les Etats-Unis. La société suédoise Bahnhof aurait confirmé à ZDNet qu'elle hébergeait deux serveurs de WikiLeaks, en particulier la page Collateralmurder.com, qui contient la vidéo d'un hélicoptère de l'armée américaine tirant sur des civils irakiens.
ZDNet affirme que OVH héberge, de son côté, les pages Wikileaks.ch et Cablegate.wikileaks.org (ne répond actuellement plus), qui contiennent les fameux câbles diplomatiques.
Toujours selon ZDNet, les pages des War Logs d'Irak et d'Afghanistan seraient hébergées aux Etats-Unis par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), sans aucune confirmation officielle. Les pages en question sont actuellement sous le coup d'une cyberattaque. Sur la page d’accueil, un lien est proposé pour une redirection vers thepiratebay.org, site basé au Pays-Bas, où on peut télécharger le fichier des War Logs sur son disque dur.
Les tribulations du site de Julien Assange ne s’arrêteront sans doute pas là. Et certaines informations données ici sont peut-être déjà obsolètes !





